Alé de Basseville

www.ale2b.com

Samedi, décembre 29, 2007

ACHETEZ UN NUMERO SKYPE POUR ETRE JOINT PAR ALE

Bonsoir les amis,

Alé attend toujours son transfert pour Alexandria (Virginie) pour la révision de son procès mais il m’a expliquée que le système d’appel ayant changé au Texas, il est recommandé d’acheter un numéro “skype in” qui commence par 703 (état de Virginie) et qu’il pourra utliser aussi depuis le Texas pour le même coût.
Il faut d’abord installer le logiciel skype (gratuit) puis chercher “skype in” et choisir un numéro pour les USA commençant par 703. vous pouvez le payer par carte bleue ou par paypal (système de paiement sécurisé)sur une durée de 3 mois ou 6 mois ou 1 an.

Ensuite vous devez activer ce numéro vous-mêmes auprès du site suivant : www.correctionalbillingservice.com
pour vous faire gagner du temps, tapez directement pour Correctional Billing Services:
IS6072_18391@is.instantservice.com ce qui vous permet d’accéder dirctement au service

il vous faudra transmettre le nom d’Al et son numéro de prisonnier:
Alexandre de Basseville, number 71376-083

l’adresse du centre d’où vous désirez qu’il puisse vous téléphoner
Alexandria Center
2001 Mill Road
Alexandria
VA 22314
USA

vous seront demandés également :
first &last name : vos prénom et nom
tél: si vous habitez en France: 0033 suivi de votre numéro français sans le 0
full address: votre adresse actuelle
4 digit passcode : il suffit de leur donner les 4 derniers chiffres de votre numéro de sécurité social

Ils vous transmettront alors un numéro d’accréditation qui vous permettra d’alimenter le compte, système qu’on nomme “prepaid” et qui permet à Alé de téléphoner facilement.
il faut savoir que par ce système, 1,5$ durent 30minutes!

Si vous désirez compléter ces informations, ajoutez les en commentaires.

Alé vous embrasse tous, ses lettres suivent!

Béatrice

posted by Béatrice d L at 0:13  

Jeudi, décembre 27, 2007

Me battre pour cette terre que j’aime tant

Revue de presse :
• Allez voir la bijouterie d’Aaron Basha, notamment « evil eye collection », une admirable déclinaison de bijoux dont l’œil central est l’élément incontournable d’un bleu turquoise.
• Avez-vous écouté le talent d’Alisa Weilerstein et de son violoncelle ? Elle est née dans un berceau musical de par ses parents originaires des pays de l’Est et est considérée comme une virtuose de la musique de chambre mais aussi en tant que soliste de par la créativité de ses interprétations.
• Je ne sais pas si c’est une bonne idée de faire un défilé à Dallas pour Giorgio Armani, mais je trouve génial d’en faire un sur la muraille de Chine par Fendi, encore une idée de Karl Lagerfeld. En fait ce sont toujours les mêmes qui, jour après jour, font et défont la mode.

Oui, il était bon pour moi que je parte de ce monde, que je m’éloigne, que je regarde la terre, la nature, que je ne sois plus aveugle et que je sorte de mon « cocon ». Quand je vois les photos de Jaipur, la ville rose, la cité de Jai, je me souviens des palais comme s’ils voulaient me raconter l’aube des temps.

• Bien qu’Aaron Young reste très beau, et que Tom Ford mérite le prix d’excellence pour son travail, il y a comme quelque chose de déjà vu, de déjà travaillé.
Bref tout cela n’a en fait aucun sens. On se glorifie, on se satisfait dans l’inutile, tout cela a senteur d’entre deux guerres. Arki Busson qui ne veut pas vieillir et veut être une star du cinéma, un nom parmi d’autres dont la jeunesse mondiale se fout. Trois jours à ce qu’on en parle et hop ! Dans un placard ! Il faut des dizaines de parution pour que les gens se souviennent de quelqu’un.
Oui, aujourd’hui c’est Poutine qui devrait être en couverture de Vogue Paris et Chavez de « W ». Je ne sais plus qui a dit que de parler d’argent était vulgaire, c’est tellement vrai, ça ne veut tellement rien dire !

Prenons nous à rêver : j’attends d’être au Trianon pour un diner, de voir les Tuileries, d’être sur un bateau à voiles bien sûr, à écouter le vent souffler. L’envie de me promener en chameau comme Lawrence d’Arabie…nouvelle version Alé of Arabia, nom qu’ils me donnaient là-bas (rires)…des voix arabiques qui chantent dans ma tête sur des rythmes techno.
Juste dire aux hommes qu’il faut se battre pour notre terre. Le bédouin d’Arabie qui vit dans sa tente et déjà billionnaire, regarde le désert comme un cadeau de Dieu et une épreuve pour les hommes.
Envie de sentir le sable, envie d’arriver à la mer après la traversée du désert pour dire je t’aime la terre, pour toujours tu es ma mère…

• Julie Ordon en photos pour Chanel, Julie dans ce clip censuré par les canadiens alors qu’elle y reprend la scène de Brigitte Bardot dans le film de Godard, magnifique !
Peut-être que je n’aurais jamais du la quitter pour Kiera, mais si, c’est ma vie, ce sont mes erreurs, mes fautes de faire des bêtises alors que j’avais déjà tellement souffert avec Audrey.
Julie, toujours gentille, toujours joyeuse, et sa sœur Leila avec qui nous nous sommes bien amusés à Punta del Este. Et oui, voilà tout un paquet de souvenirs, c’est incroyable ! J’ai l’impression que c’était hier.
Tiens Mathieu, tu dois te souvenir, ça doit te faire rire, toi qui sais tout sur ce monde qui court toujours par peur d’avoir raté le train.
La littérature a un sens de vérité, les expressions sont profondes et retournent la conscience de l’humain qui cherche en lui-même les sources.
J’ai envie de revenir à l’art vrai, celui qui touche les yeux et le cœur, qui ne recherche pas les galeries, les foires ou les ventes.
Il est important d’aider les squats qui sont en fait les vrais endroits de mode ; si je devais faire un défilé ou une boite de nuit ou autres, j’ouvrirai un squat pour tout artiste qui désire créer sans se soucier d’argent, un peu dans l’esprit de l’hôpital éphémère pour tous ceux qui ont connu la fin des années 80.
Je ne suis pas pour l’anarchie mais pour laisser travailler et vivre les artistes. C’est ce que le Chat Bleu a essayé de faire avec Willy et Colette à Bordeaux à l’époque. Cet endroit regorgeait de créatifs, d’artistes.
L’art c’est complet, ça va du politicien Léon Trotsky (au travers de ses écrits) au chanteur de Dépêche Mode (groupe pop), uniquement les antiforces sont des antithèses qui se dépassent quand passe l’univers.

Merci de me rappeler que l’homme le vrai, celui qui veut créer une tribu est un peintre, un architecte, un sculpteur du bonheur.
Arrêtons d’être des bœufs continuant à suivre le fini quand l’infini est le seul espace à continuer à vivre.
Oui, être initié à la lumière, à Dieu, oui, être celui qui aime et veut défendre, si être est cela, et même plus, alors je suis de tous les partis. Je ne suis pas un cactus comme chantait Dutronc.
Oui laissez-moi vivre et lâcher les douleurs pour sentir le visage des émotions de l’Amour. Créons ensemble la chaine de lumière de l’univers. Il y a là-bas quelque chose qui nous fait vibrer, aimer et sentir, c’est pour cela que l’on veut aller tout là-bas.

Ici, je ne me souviens pas.
Je m’envole, loin, pour revenir à l’état source, artiste j’étais, je suis, je serai.
Paris ville des lumières, enchanteresse, tu m’as conquis, tu m’as aimé, tu m’as fait pleurer.
Pourquoi faut-il que tu m’aimes mort et non vivant ? Non je ne veux pas être le Rimbaud des temps modernes et souffrir tel un Van Gogh.
Ah oui ! Vincent expressionniste jusqu’au bout des ongles, et non impressionniste comme certains immatures te voient.
Comment dire au Bahaus, la célèbre école d’art fondée au début du 20ème en Allemagne, qui réforme la pédagogie des arts, vous êtes de quel côté ?
Comment parler des surréalistes et d’André Breton, fougueux, passionné, comme d’un être sauvage ?
Oui, j’aime Gustav Klimt (qui n’est pas resté à rêver devant sa toile « le baiser » ?) et Egon Schiele (fasciné par le corps humain, par les mains)
Et j’aime mon maître, le seul, l’unique, Lucas Cranach, le peintre de l’art de la peinture. Il est de loin celui, qui au 15ème siècle, nous enseigne, nous montre la beauté, l’exceptionnel. Je voulais vous présenter celui qui a inspiré et même hanté Picasso. Dürer a fait son portrait.

D’un tout autre ordre,
On me parle d’une scène rock à LA (Los Angeles), non c’est faux, en tous les cas, ce n’est pas ce que l’on s’imagine. A LA, tout le monde est couché à 1h du matin ! Rien à voir avec l’Europe, avec les villes qui font la musique telles que Liverpool, Manchester, Bordeaux. Le rock, le punk, la new wave et tous les nouveaux groupes qui ont fait la musique sont européens, Prodigy (musique electro big beat britannique), Daft Punk (groupe electro français). Il faut dire que Prodigy, c’est tellement fort, ça dégage une telle énergie. Un jour, il y a un mec qui dit : tiens la musique irlandaise, ça ressemble à la country américaine, ouais, c’est peut-être le contraire (rires)

Je reprends ma lettre
Merci Bruno, merci pour beaucoup de choses mais aussi pour ton livre « Cavalcade » que je n’avais pas lu. Merci de prendre un temps pour moi, merci parce que tu m’as fait rire, merci à toutes les femmes qui font rêver et fantasmer Bruno qui nous le retraduit si bien, car oui, nous sommes tous malades, nous tous humains qui perdons le sens des réalités, de la vérité.
D’ailleurs j’en parlais avec Catherine HV au téléphone au sujet de son livre « l’Initié » que je viens de terminer, et qui en dit long sur le chemin d’un homme et l’apprentissage de la vie.
Oui, tout est éphémère aujourd’hui, tout est sans début, sans fin.

La lecture me permet de m’évader, surtout qu’ici, lire, c’est la 5ème dimension vu le nombre d’analphabètes !
« hé ! les mecs ! Y a le frenchy qui lit et rigole, c’est pas normal ! »
« je te l’avais dit, il est fou ce mec ! »
« bon évidemment il est français ! » (rires)

Bon Bruno, ici les femmes, euh, non, pas vraiment, et les seules qu’il y ait me font la gueule parce que je ne suis pas amoureux comme les autres mecs qui seraient prêts à n’importe quoi !
Ce qui me fait rire, c’est qu’ils regardent les magazines tels que FHM (filles sexy si vous voyez ce que je veux dire) ou Maxim (idem) puis en visite je vois leurs femmes et enfants style 300ks, et oui, la bouffe américaine ou mexicaine, ça ne fait pas maigrir, ça c’est clair, ils sont tous obèses, incroyable ! Ce qu’ils bouffent c’est immangeable, on dirait de la… allez vous allez trouver, de la…hum ?… de la merde et oui, c’est ça de la merde (rires). Ils seraient prêts à bouffer les pigeons ou les chats.
Bon faut dire qu’on a faim, y a rien à manger au réfectoire, même le café est imbuvable, on se demande si le but recherché n’est pas une élimination discrète et raffinée par la bouffe !

Ah oui Bruno ! Ce que tu dis des avocats pour les accidents, ce sont les mêmes ici pour le business pour lequel je suis inculpé « … », ça se passe entre le procureur et eux, on dirait même que ça s’échange des cadeaux, quand on sait que ce petit monde va ensemble en vacances, pratique le golf, etc. Juge compris. Bon, normal, comme tous milieux. Mais en même temps, on sent que chacun a peur de l’autre, enfin c’est hallucinant. Donc les avocats oui, bien sûr, mais la plupart sont de mèche à part que pour moi Bruno, il n’y avait pas la belle-sœur, mais alors tous parlent de cul tout le temps et de toutes les parties !
Ça me rappelle Dutronc « je suis de tous les partis, toujours du bon côté »… « je retourne ma veste »… blabla…

Et oui, je n’ai pas envie de faire un bilan sur tout ça, c’est chiant et surtout bien triste, or je ne désire pas être triste…non ce dont j’ai envie, c’est par exemple, monter sur le bateau de Greenpeace pour stopper la pêche à la baleine, la baleine, cet animal merveilleux ! ça me rappelle un soir, je rentrais à Biarritz à pied, ouais (façon Ardisson) ça m’arrive, j’ai du m’arrêter sur la chanson des NTM « y a du monde sur la corde à linge » bref, de toutes façons, tout est à côté quand il s’agit de marcher avec du bon marocain aux pieds tout droit issu de San Sebastian, enfin bon je marche vers Port Vieux, nom véritable du vieux port de Biarritz. A l’époque, je loge au rez de chaussée de chez Michèle Aujard où j’attends ma douce « Camille »…et là j’aperçois sur le sable une baleine, enfin un truc noir, énorme de loin, je me dis : je rêve, j’ai trop fumé, c’est pas possible ! (rires), alors je descends sur le bord, inquiet, je regarde, c’est une baleine ! je me dis : non ! ce n’est pas possible, elle a l’air de vivre, pas morte mais grave quand même…alors mon côté Brigitte Bardot s’éveille, je me dis, faut que je téléphone, à l’époque pas de portables, ouais (façon Ardisson), je sais c’est une vieille histoire mais elle me touche. Je rentre, j’appelle les pompiers qui bien sûr me raccrochent au nez la première fois, et puis finissent pas me prendre au sérieux au bout d’une bonne quinzaine de minutes ! Je réfléchis et décide de réveiller Michèle, je tape à sa porte, rien, encore une fois, elle apparaît et me dit : « qu’est-ce qu’il y a ? tu as un problème ? » (et oui, on appelle toujours Michèle quand il y a un problème) « non, écoute, il y a une baleine échouée à Port Vieux », elle me regarde et me dit « ah ouais » (façon Ardisson), ok super ! bref elle ne me croit pas. Moi j’y retourne, j’hallucine, les pompiers sont là « c’est vous qui avez appelé ? », moi « non, non » au cas où, « What ever »…Je regarde le spectacle, c’est ouf !
Voilà, malheureusement, l’histoire s’est mal finie vu que la baleine est morte. Est-ce depuis ? ou depuis toujours ? bref, j’ai envie de sauver la planète et passer mon temps à ça pour me battre pour cette terre que j’aime tant, entre les Bédouins/Touaregs et les Indiens amazoniens entre autres, ne pas être l’enfant d’un monde où l’on ne se bat contre rien, où l’on ne se bat pas contre l’inutile. Merci à eux de m’avoir ouvert les yeux.

Attends, dis à José Bové que je viens avec lui pour me battre mais aussi pour montrer combien tout le monde veut acheter du vin à de petits propriétaires ainsi que du champagne, du café, du foie gras…Les petits commerces en se réunissant sous un bon marketing seront la nourriture et la demande de demain.

Happy Hanukkah à tout le monde !!! La fête des lumières ! Mettre une main de Fatma ou de Myriam ou un chandelier, ça m’a toujours protégé
Et puis que cette période de lumières, d’échanges soit vécue dans le vrai, dans la paix.
Alé

posted by Béatrice d L at 0:44  

Mercredi, décembre 19, 2007

LA PRISE DE LA BASTILLE MADE IN USA

Alors que nous étions sans nouvelles d’Alé durant 8 longs jours, un vent de révolte soufflait au sein du centre de Big Spring ! Une mutinerie a éclaté en début de semaine dernière, “la prise de la Bastille” sort Alé dans un rire caustique, dont la violence a entraîné une réponse équivalente des autorités. Alé s’est tenu au maximum à l’écart, ce qui fait qu’il s’en est sorti sans blessures.
Mais à toute révolte ses conséquences : les prisonniers ont été interdits de téléphone et de timbres poste toute la semaine, tenus dans leurs cellules, et nourris de pain de mie et de “viande pourrie” dixit Alé.

Alé qui est censé aller chercher ses médicaments chaque matin à heure fixe, n’a pu les recevoir que selon la bonne volonté des gardiens, qui, assez tendus, en ont fait à leur fantaisie. Mais notre Alé est un homme fort qui s’en tire avec “une bonne fièvre”!

Alé s’est cru dans un film, situation surréaliste où il était observateur d’une histoire dans laquelle il ne se sent pas concerné. Son désir en est accru d’obtenir du juge d’être transféré dans un centre plus proche de Washington pour terminer sa peine aux USA avant son extradition espérée pour juin 2008.

Il n’a aucune nouvelle de la date de son transfert pour Alexandria, mais Alé pense que cela ne devrait pas avoir lieu avant Noël: ce qui signifie que nous pouvons nous risquer à lui envoyer du courrier ( le plus rapidement possible) qui devrait l’entourer de toute notre affection ce jour-là!

Alé a eu un de ces rires éclatants devant les messages du blog que je lui ai lu, le courrier envoyé la semaine dernière ayant du retard. Il vous remercie du fond du coeur!

Et moi, chaque fois que je raccroche, je me retrouve gonflée de vie de l’entendre si proche, si profondément paisible. Il pratique la méditation chaque jour et m’a dit être serein; ça s’entendait!

Oui, Alé, merci pour ton courage, ton regard tourné vers tout ce qui peut t’enrichir dans cette situation extrême, ta générosité qui t’amène à t’inquiéter de notre quotidien et à nous souhaiter le meilleur.
Chapeau bas, beau prince, tu sais comme on t’aime !

Béatrice

posted by Béatrice d L at 1:47  

Dimanche, décembre 16, 2007

LA MEILLEURE DES GRANDS-MERES

Comment puis-je te remercier Béatrice de retranscrire tout ce que j’ai dans ma tête, surtout le soir (rires) quand je pense à rentrer. Je viens de recevoir plusieurs lettres. Quelle merveille !
Tout d’abord, je ne savais pas que Béjart était mort. Je pense aussitôt à Patrick (mon oncle). Je n’ai jamais su jusqu’à quel point ils étaient liés.
En revanche, j’ai eu la chance de le voir, de le rencontrer. Il faut se souvenir de son ballet « messe pour un temps présent » pam, pam, palalam, oui la musique résonne en moi.
Quel spectacle de folie quand il met en scène le boléro de Ravel, avec cette scène au milieu du Trocadéro en face de la tour Eiffel ! Oui un génie ! Un homme qui m’a fait aimer la danse et les danseurs/danseuses, admirer le travail de leurs pieds foutus, de leur colonne vertébrale qui en dit beaucoup sur leur futur.
Je me souviens de ce court métrage que nous avions réalisé avec ma copine Audrey où elle dansait sur la chanson de Metallica…y était contenu déjà un remerciement pour Béjart.
Il a révolutionné ce qui ne pouvait pas changer. Il a dit oui aux gens qui disent non. Il a dit possible à l’administration des Arts qui le détestait car il avait le talent et le travail. Un acharné, 24h sur 24, 7 jours sur 7, voilà qui était Béjart. On se doit à la danse, il a raison. J’ai appris à danser grâce à lui. La danse résonne en moi, aujourd’hui elle fait partie de moi.
Un jour où je me suis retrouvé seul dans une cellule, du fait d’un transfert entre deux destinations, je me suis retrouvé avec les images des danseurs de Béjart et j’avais envie de danser dans l’ivresse de l’art.

Laissez-moi vous parler de « l’Initié », le roman de Catherine Hermary-Vieille que je lis actuellement. J’adore car je m’évade. Je vois le 18ème siècle, le temps des maçons que j’aimerais voir revenir. Tout ce qu’elle décrit de l’Orient, j’ai eu le plaisir de le connaître. J’aimerais vous raconter, et je le ferai, ce voyage initiatique en prison, je le vis comme si j’étais un moine de bonne famille persécuté au 18ème siècle, et un jour je partirai sur les routes pour mieux affirmer ma foi en Dieu, l’Unique.

Petit aparté pour Jean-Pierre :
Merci pour ton message cher cousin, et merci d’intercéder pour que Dieu m’aide au travers de son amour. Je lui demande à mon tour de protéger ta famille, cette famille dont j’ai recomposé des morceaux de puzzle. Un jour, quand je pourrai m’asseoir auprès de toi, j’aimerais t’écouter me parler de ta famille, de toi. Bisous, et bravo pour tes 25 ans de mariage, cela donne à rêver.

Merci pour les lunettes, Edith, je ne les ai pas encore eues, mais je les attends avec impatience. J’espère que Vincent va mettre une ou deux photos sur le blog ou plus si l’envie lui dit.

Charlotte, que c’est joli ce que tu écris. Comme j’aimerais pouvoir te montrer de Milan à Palerme, ces italies que je connais tant, tellement différentes de l’une à l’autre. J’aimerais aller flâner avec toi à la frontière basque (Euskadi) dans une venta derrière la Rhune et je nous imagine regardant les étoiles de l’été de cette Basse Navarre.

Laurence, je me revois au « club des dauphins » à St Jean de Luz, courant et nageant avec tous ces jeunes originaires de France et d’Espagne que le sport réunissait. J’adorais ces familles basques espagnoles de Bilbao avec lesquelles je passais tout mon temps et qui m’amusaient tant.

Et puis il y a eu l’Exocet, la boite de nuit avec Michèle Aujard qui m’a tellement aidée. Je ne lui ai jamais vraiment dit merci pourtant je devrais après tout ce que nous avons échangé de profond. Ces discussions dans le froid de Biarritz que personne, n’ayant vécu l’hiver là-bas, ne peut imaginer, passant d’une image de Man Ray à un livre en relief de Picasso sans parler de tout le reste, les bons fou-rires, les brunchs chez Jean-Jean, les derniers verres au Carlos, les quesadillas chez Babou, tellement de lieux à décrire…

Il fallait ce moment pour y voir clair dans ma vie, qui honnêtement n’a jamais été autant vide de relation : oui, il faut le dire, des analphabètes en puissance tout autour de moi. Peut-être que la prison m’a sauvée de continuer à perdre mon temps, mais ce qui est certain c’est qu’elle m’a sorti de cette peur d’affronter ma vie. Si quelqu’un pense que j’ai vraiment vécu, il se trompe ! Je pense n’être qu’au début de ma vie. Oui, j’ai fait le tri…
37 ans ici et je fais un break. Bien sûr je ne suis pas à Lhassa chez les Tibétains (déjà fait) ou à Goa en Inde (déjà fait), mais ici (jamais fait), dans cet endroit qu’on n’imagine pas, qu’on ne voit pas, ce « gros printemps », cette prison qui servait autrefois à entrainer les pilotes iraniens du temps du Shah, lorsque ce pays exportait et vendait des armes, bref toujours des histoires de fou, d’ailleurs j’en ai une pour vous !
C’est un fou qui entre dans un établissement de bains et demande : je voudrais un bain sans eau car je n’aurai pas le temps de me laver !

Quand j’ai fait mon accident cérébral, j’ai eu l’impression de tomber dans un espace temps comme infini où j’étais en attente, voyage dont l’impression était difficile. Je me suis senti comme propulsé pour revenir au monde. Et lorsque j’ai eu une sensation de récupération d’oxygène, c’est alors que j’ai senti mon corps paralysé sur toute la partie droite. Quel effroi !

Comme tout est bizarre ! Je me demande ce que je fais là moi qui ai tout à faire du côté des Rose-croix. Je m’y retrouve dans mes besoins de comprendre et de m’émerveiller devant la beauté. Dans cette quête de sens de l’existence. J’avais envie d’écrire ces mots.
Ma peinture me manque, j’espère retrouver ces toiles qui me sont chères. J’espère que ceux qui les détiennent en Europe ne les abîmeront pas. Une peinture c’est comme un enfant. Comme j’aimerais retrouver tout ce que j’ai perdu. Je sais que je suis en train d’apprendre, de vivre, de connaître le désarroi pour être heureux et pour me battre contre l’injustice sans juger, ce qui est un défi difficile pour l’esprit.

Merci à tous, mes amis, mes frères et sœurs de m’aider, je vous aime.
Ma grand- mère n’ose pas dire ou écrire sur le blog, donc je le ferai pour elle en disant que je l’ai toujours aimée, que nous avons échangé au-delà de ce qu’on peut imaginer. Ma grand-mère, Madou m’aime et me soutient depuis le début, sans jugement aucun. Je voulais lui décerner la palme de la meilleure grand-mère du monde, et la remercier pour son amour.

Continuez et que ce blog devienne la clé d’un moteur de générosité et de tendresse
Protégeons notre terre, vive Greenpeace, vive la nature
Alé

posted by Béatrice d L at 23:44  

Jeudi, décembre 13, 2007

A 37 ANS, J’AI L’IMPRESSION D’AVOIR 20 ANS !

Merci mille fois ma tendre Béa pour tes lettres profondes qui éveillent en moi le sens de l’essentiel.
Nous sommes samedi 24 novembre de l’an de grâce 2007. Ici Big Spring, Texas, je me réveille dans la nuit, et je pleure de ne pas être sous une tente du désert en-dessous de Tamanrasset ou d’une ville telle que Goa, bref en Asie, en Orient…je me suis perdu ici tel un moine dans sa petite chambrette pour étudier et obtenir le savoir. Sans doute le moine a-t-il une plus grande qualité de silence que je n’ai (rires) et une table aussi pour écrire…parfois je n’ai plus de force dans ma main, difficile pour écrire.
Merci à vous tous, oh ! Comme ce simple mot « merci » est empli d’une gratitude vibrante quand je le prononce, merci pour votre soutien.
Je sais que le dénouement n’est pas loin et que ma vie est entre les mains de Dieu. Je comprends au fur et à mesure de nombreuses choses, et je vois plus clair dans le sens de ma vie. Ma vie…oui, c’est compliqué à dire, à expliquer, à raconter, à partager. Cette vie unique que Dieu me donne.
Mes amis, comme il est bon, via le blog de vous parler, de partager avec vous la liberté. Lorsque je ne pourrai pas écrire, vous en profiterez n’est-ce pas, pour écrire, raconter, échanger. Il y a un tas de choses à savoir, à voir et oui, il est dur de faire le point. Je suis cependant content que Dieu m’ait arrêté dans ma course folle pour me dire qu’Il m’attendait de l’autre côté du pont. A 37 ans, j’ai l’impression d’avoir 20 ans, de rajeunir tous les jours, de me sentir plus sain, plus fort, de me rétablir, en tous cas, soyez certains que je fais tout pour.

Tout ce que je vois de l’Entertainment, ce n’est que du réchauffé ou comme dirait le Luron du « Reich ô fer ». Bref c’est du 2 minutes style reality show : « je vais tout te dire sur mes voisins ! » C’est pauvre ! C’est sale ! Ça me rappelle Jean Yanne qui écrivit dans son film « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » : « je suis peut-être grossier, parce que je dis con ou merde, mais je ne suis pas vulgaire en utilisant Jésus pour vendre des marchandises ».
Oui ça m’avait choqué à l’époque la vulgarité, les mensonges pervers des politiques : on fait des accords entre nous mais rien pour les autres et on appelle ça la démocratie ! Ça me fait rire de penser que si on allait à Bagdad, le peuple ne sait rien de la démocratie et si on lui expliquait comment ça se passe, il en aurait peur.
Où est le peuple d’Al-Rachid, ce magnifique calife du 8ème siècle, dont le nom signifie « le bien guidé », qui va porter l’empire arabe à son apogée ? Il est là, il n’a pas bougé, prêt à se lever sur les remparts de la ville d’or. Al-Rachid, « l’honnête » qui a porté son peuple vers un épanouissement culturel considérable, généreux protecteur des savants, des musiciens, des poètes.
Mes amis, mes frères, famille de toujours qui m’a bercé,
Je suis un homme pour créer et partager avec vous, l’œuvre de Dieu, la sagesse de l’Amour. Oui, je vous aime et je vous remercie de tout ce que vous faites pour moi.
Je vous envoie à tous un regard, un sourire léger sur le chant « Ave Maria » qui sonne dans ma tête pour l’opéra de la liberté,
pour le bonheur de jouer un jour du cor dans la nature,
pour entendre la fanfare Larrundarrak dans l’église d’Askaine (Ascain),
pour entendre une prière sur un toit de Marrakech,
pour voir l’homme se coucher devant le mur de Yeroushalayim…
des milliers de choses à évoquer même si ici il n’y a rien, mais je ne regarde pas, et puis dans le rien n’y a-t-il pas quelque chose Monsieur Kant ? (rires)
Je n’ai pas comme certains le don d’écrire mais j’ai peint ces peintures que j’aimerais tant récupérer car elles me tiennent à cœur.
Parfois je souffre quand je vois le mal autour sans raisons. Il y a une vie où l’homme s’oublie, mais Dieu n’oublie rien.
J’aimerais parler, pouvoir dire mais tout cela reste impossible ici, n’est-ce pas, (qui pourrait être intéressé par cet échange dans ce lieu ?) alors dans un dernier élan, je respire, je me souviens. Seul et effacé, je continue mon chemin, j’espère que je serai bien meilleur en revenant, avec tout le travail que j’ai fait sur moi.
Je sais que je peux travailler et réussir, mais après avoir expérimenté la vie de « moine » ici, je cherche à comprendre et je m’aperçois que je ne veux pas courir après un monde auquel je n’ai jamais cru.
Je me souviens de mes tee-shirts punks « no future », car je ne croyais pas dans un futur, et surement pas dans le futur des télés reality ou d’Hollywood. Ecoutant Sex Pistols, Sid Vicious et « My way », j’avais envie de tout péter, de m’éclater (rires) et non de vivre dans une petite maison de bourge entre Genève et Los Angeles. Non, ça ce n’est pas moi. Je me souviens du discours punk : celui qui au fond de mes veines m’arrachait le cœur, et les pleurs qui coulaient de mes yeux rouges se perdaient en espérant trouver une personne avec qui parler. Alors j’écoutais Velvet Underground et sa chanson Héroïn où les voix de la chanteuse Nico et de Lou Reed s’entremêlaient pour couper les cercles d’un violon électrique. Je ne sais pas, je ne sais plus, mais j’ai juste envie de dire que j’ai eu mal et c’est pour cela que j’ai créé et que j’ai bougé, voyagé. Le mal, le bien ça veut dire quoi ? C’est tellement vaste, tellement incroyable à discuter, à dépeindre, à penser.
Aujourd’hui vivre ici me fait comprendre pourquoi on va chercher dans les boites de nuit la musique forte qui permet d’oublier l’humain qui est autour de nous pour penser à autre chose, ça, c’est sûr…(rires)

Les couleurs, la photo, la musique, le repos, le silence me manquent.
Heureusement, je parviens à m’évader en lisant, en écrivant.
Le blog est un bonheur, c’est pour moi la possibilité de parler, de pouvoir crier les pleurs d’un enfant dans la rue qui a froid et qui a mal.

Mes amies, mes sœurs,
Que de beauté j’ai découvert dans la femme ! Oui, vous êtes belles et je comprends la difficulté pour vous de vous abandonner et de vous protéger.
J’ai pourtant envie de vous le répéter : vous êtes belles, mères de l’enfant qui sourit et qui cherche à partager avec cette main ouverte l’Amour, le seul, l’unique, l’éternel.

Merci mes amies, mes frères et sœurs pour toute l’énergie que vous mettez à m’aider, je serai de retour, oui, car Dieu m’a donné de quoi me battre. Aujourd’hui j’ai compris ce qu’Il m’a dit, ce qu’Il m’a demandé, j’ai compris qui j’étais.
Voilà, une petite note de plus sur le blog

Bientôt je serai à Alexandria (Virginie) pour être de nouveau jugé, c’est leur façon de faire parait-il. Tout est compliqué mais tout est prévu d’avance.
Coupable avant d’être arrêté. « Mort avant d’être né ». Voilà le nouveau titre à proposer à Oliver Stone pour son prochain film (rires)
Le gars qui se dit : « tiens, je vais me dire que je suis sans être pour n’être que ce que je ne suis pas car être c’est plutôt emmerdant, n’est-ce pas William, bref, c’était le moment pour le boulanger d’appeler sa femme, car cocu, il ne savait plus s’il devait vivre ou s’éteindre à jamais. Voyez le livre à cœur ouvert d’un personnage qui s’appelle Alé et qui n’a cherché qu’à vivre, expérimenter, dit-on dans le 21ème siècle.
Est-on coupable de vouloir vivre et non survivre ?
Est-on prisonnier de l’inutile celui même qu’est l’art ?
« Pourquoi l’art ? » demandais-je, « parce qu’inutile »
« Quelle horreur si l’art servait à quelque chose ! »
Rires
Votre Alé

posted by Béatrice d L at 12:40  

Jeudi, décembre 13, 2007

Bonjour à tous,

Alé va bientôt être transféré de Big Spring (Texas) à Alexandria (Virginie) qui se trouve toucher Washington. En effet, comme cela avait été prévu il y a un an, lors de son procès début janvier 2007, il doit y avoir une révision du procès en ce début janvier 2008 (la date est encore inconnue) qui doit considérablement diminuer sa peine. Et ce procès, comme le précédent, a lieu à Alexandria.

Lors de son transfert dont on ignore encore aujourd’hui la date, il ne pourra être joint. C’est pourquoi il vous demande à tous de faire vivre le blog par une phrase, par une anecdote, une photo, qui manifestent votre soutien, afin que je puisse tout lui transmettre lorsqu’il pourra donner son premier coup de téléphone à Alexandria.
Nous avons acheté un numéro de téléphone skype dont l’indicatif est 703, que nous lui avons transmis et que nous avons activé auprès d’un organisme agréé afin qu’Alé puisse téléphoner dès son arrivée. Il pourra ainsi recevoir des nouvelles mais surtout nous transmettre ses besoins, ses attentes et son état. Dès que nous serons certains du lieu où il va être transféré, nous communiquerons l’adresse sur ce blog afin que ceux qui le désirent puissent lui écrire.
Nous allons aussi nous assurer qu’il reçoive de l’argent pour vivre puisque tout se paye en prison, de la nourriture au papier ou au téléphone. Pour l’anecdote, je m’inquiétais de ce qu’Alé prenait pour son petit déjeuner, il m’a dit du lait. je lui ai dit, c’est tout? il m’a répondu : c’est déjà très cher et je ne peux avaler leur muffins débordant d’huile! Voilà un autre exemple d’aide que vous pouvez apporter, une aide financière.

En dehors d’une remise de peine conséquente qui lui a été confirmée cet été par le Procureur de Washington, et d’une autorisation d’extradition en France à partir de juin 2008, Alé espère se retrouver dans un centre de détention réellement médicalisé, car aujourd’hui, il n’est toujours pas soigné selon les besoins que nécessite son angiome au cerveau, ne recevant que le médicament pour l’épilepsie.
Dans tous les cas, il espère ne plus se retrouver à l’autre bout du monde au fin fond du Texas, où aucune visite n’est possible, mais plus près de Washington où il compte des amis qui pourraient lui rendre visite, et où le voyage depuis la France est possible.

Nous sommes aujourd’hui plusieurs à le soutenir de manière active et je ne peux que vous redire merci de sa part. Il en est tellement bouleversé et nourri.
Je remercie particulièrement Nathalie qui fait cet énorme travail de traduction en espagnol. C’est une manière de le soutenir qui est très importante car elle permet de maintenir le lien avec tous les amis de langue espagnole.
Il serait génial de pouvoir faire aussi ces traductions en anglais. Il compte de nombreux amis de langue anglaise qui aimeraient pouvoir lire ses lettres. Nous espérons qu’une ou plusieurs personnes pourront proposer de traduire un des textes d’Alé et les transmettre à Marion via l’adresse du blog pour les mettre sur le site.

Quoi que vous proposiez, ce sera bienvenue.
A chacun de vous, en France, en Espagne, en Suisse, à Ibiza, au Maroc, aux USA, dans les Pays de l’Est, je souhaite un merveilleux Noël, tous unis par ce cercle lumineux de solidarité active, qui fait le tour de la terre pour réchauffer Alé

Béatrice, la tante d’Alé, sa “soul sister”

posted by Béatrice d L at 12:38  

Vendredi, décembre 7, 2007

JE NE VEUX PAS DE TA VIE DE SOUFFRANCE QUAND MOI JE SUIS LIBRE

J’ai reçu un bouquin très sympa sur Céline, le fameux Céline « Céline à Meudon » de David Alliot. La préface est faite par François Gibault que j’ai rencontré lors de ma séparation avec Inès. C’est Philip des « 2be3 » qui me l’a présenté chez lui, tard, très tard. François nous a reçus d’une telle manière que j’ai pu apprécier qu’il était un artiste, un poète avant d’être un avocat. Philip cherchait à me protéger, à m’aider dans une période difficile de ma vie. Et oui. En tant qu’enfant, il est parfois difficile de vivre la réalité, surtout si celle-ci est une prison qui enchaine l’âme et le cœur qui se perdent dans un océan de douleurs.
Bref je découvre dans ce livre la femme de Céline, qui l’aide, qui donne. Elle se nomme Lucette. Comme mon arrière grand-mère me semble-t-il. La Lucette de Céline fait de la danse, donne des cours dans ce pavillon de Meudon. Incroyable ! Une vie de Céline que je n’aurai jamais imaginée, une vie dans un pavillon de banlieue avec des dogues allemands (danois), une race de chien que j’adore. Grand et si fragile, un Céline souffrant, vivant la vie de tout un chacun.

Stop, un arrêt s’il vous plait.
Quand je suis arrivé ici à « Grand Printemps » (Big Spring), j’ai rencontré un garçon vraiment gentil qui m’a beaucoup aidé, Edouardo V. Je viens d’apprendre sa mort qui me touche beaucoup, je n’ai pas vraiment compris comment il est mort, mais est-ce nécessaire ? pas vraiment. Je suis touché, je désire lui rendre cet hommage. Je sais que Dieu lui fera une douce place…

Je reviens à la réalité brutale, vous savez celle-là même qui détruit l’humain dans son humanité, qui se veut refuser son état d’amour et de folie. Pourtant qu’elle est bonne cette folie, folie douce de la peinture à la musique d’un opéra aux couleurs crachées sur un mur qui dégouline.
Je suis sorti parfois la nuit pour crier, pour pleurer. J’avais 7 ou 8 ans à peine, il était 4heures du matin et tout le monde dormait.

L’humanité est incroyable, nous sommes incroyables, nous sommes fous de vouloir cette vie qui court après l’inutile. Et si tout cela n’avait aucun sens justement parce que ça n’a aucun sens.
Quand on me met les chaines autour de la taille, attaché aux pieds et aux mains, je « ris », alors le policier me demande pourquoi ce sourire, pourquoi ce rire ? et je suis obligé de lui répondre : « Car c’est à toi que tu le fais. Oui tu ne m’enchaines pas moi, mais c’est toi que tu enchaines, et je ne veux pas ta vie de souffrance quand moi je suis libre ».
La prison pour la liberté.
Le pays des esclaves pour retrouver les vignes, la terre de mes ancêtres. Les bateaux à voile, qui ne polluent pas, qui ne font pas de mal, mais qui vont, qui sont.
Voilà c’est ce que j’ai rencontré quand j’ai commencé le surf. Cet amour entre la mer et moi, une force incroyable, magique. Et quoi, pas de pollution, que des sourires, que de l’amour, du respect pour notre mère océane.
La mer, l’eau, 80% de corps pour le meilleur.
Toute personne qui me connaît sait que j’aime être nu pour nager à l’infini pendant des heures.
Ah ! si je pouvais aller dans les Landes, me bercer de l’odeur de ses pins et de ses fougères, mélange enivrant qui m’ensorcelle alors que je marche vers l’océan…enfin les dunes de sable puis l’océan qui se dévoile soudain si débordant à l’horizon, et cette joie si présente dans mon souvenir de me sentir comme un poisson dans l’eau (n’avez-vous jamais lu Darwin ? rires)

« A ma mère
La mer ma mère
Parfois amer et
Pourtant d’un vert
Qui rend à ma mère
Le flot d’une mer
Agitée et qui perd
lors d’une vague le sens
de la mère que la mer
est pour moi, enfant troublé
du va et vient de cette mère
qui durant neuf mois
s’est arrêtée à travers
son côté sévère pour faire place
à cette nature de la mère
qui aime et qui bien claire
d’un éclat de l’air a
laissé la place de mère
à son fils, son prince
le roi de sa reine marraine
l’unique de sa mère »

Mes amis, je ne suis pas triste car je vous aime, j’aime la vie, j’aime notre monde. J’aime vivre pour ce que la vie me donne et me dit : sois heureux homme d’eau et de chair, sois heureux de voir et de sentir, de pouvoir toucher l’intouchable.

Je vous envoie mes amis tout l’amour dont je suis capable et veuillez me pardonner si un jour, je vous ai fait du mal, si je n’ai pas su dire que j’avais mal, notamment à la tête ou expliquer mes excès.
« Au clair de la lune, mon ami Pierrot, prête-moi ta plume pour t’écrire un mot»
Le mot pour dire « je t’aime », il est temps d’oser le dire, de ne plus se cacher, merci.
Puissance de la lumière de l’amour, de Bordeaux à Palerme, tel un chevalier qui entraîne les autres à sa suite vers l’Amour.
« Emprisonné » signifie pour eux «souffrir » et pour moi « délivrance ». oui je suis délivré, je me sens heureux de ma famille, de mes amis, de tous ceux qui sont là avec moi. Pour la première fois je sens cette énergie tellement forte, tellement gigantesque, qui dépasse l’humain que je suis.
Je vois le chemin qu’est ma vie, un chemin qui me conduit, me dit, m’aide, me fait rire.
J’aimerais tant vous prendre dans mes bras, pour sentir encore et encore cette chaleur, ce pouvoir, celui que Dieu nous donne. Ça manque ici.
Je suis seul, seul et affaibli, c’est ce que je pensais il y a presque 20 ans quand je venais de perdre une personne chère à mon cœur et aujourd’hui, j’ai envie de dire que jamais je n’ai senti autant de lumière et d’amour.
Je ne vois pas la prison, je ne la regarde pas, je n’entends pas les cris des gens d’ici, je refuse d’en faire mon quotidien. Je regarde au-delà, j’écoute au-delà.
Je vois un arc en ciel, je vois des photos, j’aime bien faire des photos, aller et voyager, prendre des photos en noir et blanc que je peindrai moi-même comme j’en ai envie.

Envie d’écouter des musiques qui se confondent, sentir la brume, le varech, et les vagues qui claquent et s’étalent sur le sable.
Comment vous dire merci ?
Et rappelez-vous de Coluche qui disait :
« y aurait pas de pont on passerait quand même ! »
En ce moment la tour Eiffel doit briller de tous ses feux, avec ses pétillements si particuliers. Elle est si belle et me manque comme jamais.
Si vous passez devant, pensez à moi
Alé

posted by Béatrice d L at 0:54  

Mardi, décembre 4, 2007

la prison, un lieu de méditation

Alors voilà, nous sommes jeudi 15 novembre, ouah ! Déjà novembre et presque Noël…normalement à cette époque, je m’angoisse pour préparer mes billets d’avion au dernier moment pour Punta del este…ainsi que tout ce que je dois faire, oui c’est tout moi ! J’ai super envie de lire un livre sur la chasse à courre, je ne sais pas pourquoi mais le cheval ça me manque comme jamais !
Je viens de lire tout le délire de la messe en latin appelée « Tridentine » à cause du concile de Trente (1545-1563). Et confirmé par le motu proprio Summorum Pontificum de Benoit XVI cet été.
Moi, je me souviens de la messe en basque que j’adorais sans en comprendre un mot, je la trouvais magique. C’est ainsi que j’ai commencé à apprendre le basque.
Et je ne vous parle pas de la traditionnelle fête du 15 aout et de la fanfare typique basque dans l’église ce jour-là ! Vous imaginez ? J’adorais regarder la tête des touristes hallucinant devant ce spectacle. J’ai trop envie d’y être ! Je m’y vois déjà ! « tatatatatatata ! » (Rires) le béret sur la tête, le foulard autour du cou, l’écharpe rouge autour de la taille, tout de blanc vêtu…je vais avoir l’air de sortir de l’asile et non de prison ! (rires)

Bon, je reviens aux choses sérieuses…euh sérieuses si on veut ! « J’ai envie d’un panini ». « Ah oui Monsieur ? Mais ici vous êtes en prison ! Pas possible ! »
« Euh, si je peux quand même ajouter un mot… j’aime pas vos ensembles, les fringues, pas terrible ! Payant, cher, et en plus je ressemble à rien ! »… Silence, bulle de vide dans regard froid. Humour ? Vous avez dit humour ? bien français ça !
Incroyable le business qu’ils font sur les prisonniers ici, entre le téléphone, les fringues, les baskets, la nourriture, le savon…tout est à acheter. « C’est vraiment prendre les gens pour des cons » comme diraient les syndicalistes français.

J’ai tellement d’idées ici, de look de création. Je pense, je réfléchis…
Oh oui ! sachez que si j’ai l’impression que certains ne savent pas se servir de Skype, je vais vous achever avec la nouvelle application à télécharger sur son portable à partir du site www.fring.com (puis créer un compte via sipphone.com pour obtenir un numéro de téléphone « sip »). Bon ça parait un peu compliqué comme ça, alors c’est possible de mettre en œuvre Skype normalement sur votre téléphone portable si vous avez le web. Fini le téléphone cher, c’est bientôt gratuit !
Qui a lu la Gomorra de Roberto Saviano, j’aimerai le lire… enquête de plusieurs années sur l’organisation criminelle la camorra sur Naples et toute la Campanie. C’est moins connu que la mafia sicilienne mais bien plus dangereux. Selon l’auteur, cette organisation constitue l’avant-garde de l’économie mondialisée. Bon si vous voulez me l’envoyer, je ne dis pas non.
Et la biographie de Deneuve selon le sulfureux Bernard Violet, sans son autorisation. Elle semble comme immortelle…
J’espère qu’Alain Guizard de l’agence Angeli a donné des photos de moi pour le blog. Merci d’avance !
Bon à tous ceux qui m’ont aimé avec les cheveux longs, et bien soyez heureux! Ils ont repoussé ici, je me suis fait tout un trip pour savoir si j’avais autant de cheveux qu’avant, oui, je crois (rires). Je serai bon pour le catogan de Karl que j’espère tout le monde a aimé chez moi. Au fait, en parlant de Lagerfeld, qui a vu le film « Confidential Lagerfeld » ? est-il bien ? C’est quand même la première fois qu’il sort du secret de sa vie grâce au réalisateur Rodolphe Marconi.

J’ai tant à vous dire, par exemple en ce moment je travaille le fait de « vivre » et de ne pas partager sa vie avec ceux qu’on aime.
Parfois la vie va trop vite. Ça peut faire rire certains, mais moi aujourd’hui je vis une réalité, la prison. Ça ne veut rien dire, ça ne sert à rien, il y a des gens autour de moi qui sont des monstres, mais je ferme les yeux et je pense au positif : vous retrouver.
Aujourd’hui j’ai compris que ce que j’ai dans les mains c’est de l’or, que je ne dois pas le partager avec des personnes qui abusent de moi. J’ai quelques petites choses à régler sur un plan familial au niveau de mes parents pour être libre et pouvoir me sentir léger.
Cela m’entraîne sur un film que j’aimerai voir « Proibido proibir » (interdit d’interdire), film brésilien avec 3 étudiants à Rio, dense, vivant, mêlant la complexité d’une histoire intime à une réflexion sociale. Récit à suspense avec Caio Blat, Maria Flor, Alexandre Rodrigues… Oh et puis « This is England » de Shane Meadows. Cela m’a l’air d’être un film qui veut montrer une réalité et un mal d’être.
Je ne pense pas que de mettre les gens en prison c’est une solution ou une fin en soi. Je ne pense pas que dans une démocratie, il faille créer un régime de dictature tout en affirmant qu’on est libres. Il y a un truc qui ne colle pas dans cette démarche et je suis au beau milieu d’un film qui n’a pas de fin mais qui se terminera pour moi d’une certaine façon en rentrant en Europe. Il est évident que je connais mon combat, je sais où me battre, comment rendre belle ma vie après mon vécu d’emprisonnement, la guerre, la violence des bourreaux jouissant du plaisir de faire mal.
Merci pour l’amour et le soutien de vous tous, merci de comprendre, merci et sachez que mon sourire n’est pas éteint.
Vivent les squats où naissent les mouvements dadaïstes, vive Francis Picabia, vive Manu Tchao, vive Amy, chanteuse de jazz et soul, et les autres. Aurélie, le Raï me manquent. Vivement de voir les nouvelles photos d’Haifa Wehbe, mannequin et chanteuse libanaise, racontez-moi tout ça.
Bisous
Alé

J’ajoute un mot car je viens de recevoir du courrier : merci pour tous ces messages sur le web et merci à Béa de m’envoyer la copie de ces mots si précieux ici.
La prison est un endroit de méditation pour moi, c’est un lieu que je comprends de mieux en mieux, non pas que je l’aime, mais j’en vois les buts, l’idéal de la vie. Je sais, les femmes sont plus fortes que nous, et savent faire la part des choses sans ça, mais c’est surement que mon « anima » (freudien) n’est pas assez développée ou quelque chose comme ça (rires)

J’ai compris aussi à force de lire et notamment le livre de Catherine Hermary-Vieille « le grand vizir de la nuit » que l’on doit se battre pour avoir un titre, pour gagner une place si elle peut valoir l’humanité. En fait l’homme n’a de cesse de faire la guerre, de manger, de faire l’amour, de jouer pour gagner sur le territoire de son père, de son frère, de son cousin…

Je me suis éloigné de l’Europe que je ne comprenais pas, j’étais aveugle, j’étais comme le fils prodigue qui demande sa part d’héritage pour revenir quelques années plus tard sans un sou, mais avec le cœur gros. Il est vrai que je n’ai pas vu depuis longtemps certaines personnes telles qu’Aurélie mais elle sait que j’ai toujours pensé à elle, et aussi oui, à ces moments où la peinture m’a sauvée la vie.
Je me suis souvent perdu car j’étais aveugle de moi-même, de l’Eternel mais aujourd’hui je vois, je pense que j’ai changé pour le meilleur même si ça s’accompagne de plus de fragilité qu’avant.
Je bois la lecture et je savoure la philosophie. Je prie la poésie. Je songe à la sculpture, à la peinture. J’espère le jour où je plongerai ma vie, mon oxygène dans cette liberté que pour la première fois je vais apprécier comme un fou que je suis. Fou de la vie, de l’amour, fou de la folie, de ces moments qui ont fait de moi cet être blessé.
Ma Val, j’adore l’histoire de Salinger (personne que je respecte pour sa diplomatie), je trouve génial que tu t’occupes de leur musée même si ce n’est pas grand-chose pour toi par rapport à tes compétences en communication qui doivent servir à fond, j’ai pas mal d’idées pour toi.(rires)
Encore mieux, l’amitié familiale des « de Peretti ». La Corse, entre Orient et Occident, cette ile tellement belle, les mots me manquent pour exprimer ce qu’elle représente pour moi. C’est une histoire d’amour, ça ne s’explique pas. On y va et là c’est un coup de cœur , une force qui donne envie de rester, d’écouter, de se raconter. Moi qui aime tant le désert, le maquis m’a pris sans prévenir. Telle cette chanson de Gainsbourg chantée par Françoise Hardy et Jimmy Somerville « sous aucun prétexte… ». Me promener à cheval dans cette Corse, manger le fromage fumé, enfin tant de choses que cette ile mérite ainsi que sa liberté.
Si je désire être libre, c’est pour sentir la liberté sous mes pieds, dans ces terres reculées où naissent amour et vie, chant et bonheur, peinture et image, soif d’une nuit étoilée. Y a-t-il mieux qu’un bain de minuit dans cette eau si douce après avoir abondamment bu l’alcool du pays ?

Merci Aurélie pour ton email. J’imagine combien tu dois t’éclater au Maroc, pays incroyable où j’ai aimé le désert de Ouarzazate et le fameux hôtel « la gazelle d’or », oasis du sud marocain, avec ses jardins si calmes et frais, ses décors éblouissants… ouah ! Que de bons souvenirs ! En fait au Maroc, j’aime tout, c’est un pays tellement sympa, je m’y suis toujours amusé et reposé. Les chevaux du désert, c’est un trip, je ne vous dis que ça. C’est quoi Almanar.com c’est bien ? c’est cool ?
Il y a tellement à dire, je me ferai bien une semaine de vacances à Marrakech pour faire les souks puis un apéro sur les toits et puis…la fête bien sûr, yallah !

Pour vous faire rire, j’ai l’impression d’être commandant d’un vaisseau tombé chez l’ennemi !
Restez en forme, priez
Et restez vous-mêmes
Je vous aime
Alé

posted by Béatrice d L at 21:01  

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