Ce soir, je suis triste, je ne sais pourquoi mais mon petit cœur est peut-être un peu abimé. Je ne devrais pas dire ça avec tout ce que vous faites pour moi mais peut-être est-ce le besoin de parler de moi à quelqu’un. Surement une souffrance intérieure. Bon allez Alé ! Oui, c’est vrai, désolé pour ce moment sentimental où j’ai envie de revenir vers ceux que j’aime, avec qui je désire partager tout cet amour. Ce « voyage » m’aura ouvert à la sensibilité de ce que je suis, enfant écorché par la vie. Me voilà revenu sur mon lit, le froid me brûle le visage. Si je ne donne pas de détails sur ma vie ici c’est afin de ne pas vous donner une mauvaise impression.
Mais oui, après tout, nous sommes au mois de janvier, presqu’à la fin, et si je me souviens des paroles du Procureur, je dois attendre la diminution de peine afin de procéder aux papiers d’extradition au mois de juin. Dans 4 mois. 4 mois… un peu de diplomatie, de politique, et hop de retour en France enfin ! mais peut-être ne suis-je pas en état de prendre l’avion, c’est pourquoi ils me font passer scanner et IRM maintenant.
Voilà, je pense à tout et à rien, mais en même temps, j’attends de partir de ce pays, oh oui ! je n’en peux plus ! ça c’est sûr, mais que faire d’autre, quand on voit ce qui se passe ici…Voilà, c’est un moment à passer, je voulais écrire pour en parler, pour partager, pour dire que c’est dur, et ce n’est pas évident de souffrir en silence. Merci à tous et pardonnez-moi de me plaindre, c’est juste que parfois ce n’est pas facile.
Je me sens mieux quand je me plonge dans les livres du XVIIIème siècle et que je m’imagine à la Cour de l’époque crier à qui veut l’entendre le bonheur de la philosophie, la joie d’être un libertin, perruque et poudrier à l’appui, manteaux et gilets (rires)…bas et bottes, prêt à bondir sur mon cheval vers de nouvelles aventures, et en deux pages de plus, je passe pour un abominable séducteur de femmes qui ne cherche qu’à vivre et à apprendre l’amour…et me voilà parti, enfin dans ce que j’aime, le siècle où tout est permis ! quel contraste avec celui d’aujourd’hui où tout n’est qu’interdit, où nous sommes prisonniers de l’inutile, dixit télé et le reste…
Reprenons la lecture, oui, voilà, un jeune capitaine bien aimant et cultivé, gagnant gallons et renommée, peut-être à la fois un Napoléon pour servir le bon droit, et un homme fréquentant les Loges pour parvenir au développement de l’intelligence et de la connaissance. Bon il m’aurait manqué le net, grâce auquel je partage, je peux téléphoner, voir, sans que cela n’épuise mon cheval ! bien sûr depuis la prison, je ne vis le net que grâce à mes anges qui s’occupent de faire le lien.
Quel bonheur de savoir dire bonjour ou bonsoir à son voisin. Vous savez le voisin, celui que vous croisez soudain au coin de la rue, le proche. Connaître, rencontrer un bout du monde, tel qu’il est offert…
Je me souviens, c’était un soir, j’étais en retard, je ne me suis pas arrêté sur ma Harley, alors qu’il aurait été si facile de décommander à cette pépé qui ressemblait à un arbre de Noël. Et que toi tu étais là devant moi. Tu devais avoir 18 ans à peine, belle sous ta tignasse, mal fagotée, avec l’air triste et sale, perdue par terre sur les boulevards, dans la pisse de chien. Au lieu de m’arrêter pour t’aider, je t’ai filé quelques francs…tu étais une nouvelle Béatrice Dalle à l’agonie, une star montante d’Hollywood, une mannequin de Vogue…et je n’ai rien fait.
Tu ne sais pas combien je m’en veux, il n’y a pas un jour où je n’y pense pas. Au lieu de ça, j’ai aidé des filles qui se plaignaient d’être trop aimées, trop chouchoutées…pour me faire pardonner de ce jour où je ne t’ai pas aidé, toi dont je ne connais pas le nom. Aujourd’hui, depuis ma prison, je te demande pardon, accepte mes excuses, et peut-être découvriras-tu ce message sur le blog, le monde est si incroyablement petit, et tu me diras, je suis là, je t’ai pardonné.
Toute erreur est possible à celui qui se croit dans un espace et qui a peur d’être lui.
Même d’être tout simplement.
Merci à toi que je ne connais pas et dont le regard reste avec moi à jamais.
Oh ! j’ai oublié de vous parler de cette pub qu’il y a dans les magazines ici sur le champagne. Encore une fois, ils ne comprennent pas que le champagne est un vin et une région, un univers qui raconte l’histoire d’une famille. Alors non ! mon vieux, tu ne peux pas appeler ça “american champagne”, ça ne veut rien dire ! (ires)
J’adore la nouvelle pub télé des montres de Dolce&Gabbana, où le mec va avec le mec et la fille avec la fille, que c’est drôle ! et les nouvelles pubs Calvin Klein Jeans, ça me rappelle tellement de choses ! Ah ! autre chose : j’aimerais vraiment organiser le mariage de Tom Ford, je suis avec lui. La suite au prochain épisode (rires)
C’est génial tous vos messages sur le blog, c’est incroyable et super cette idée de blog pour que se réunissent les idées.
J’avais oublié qu’Anouilh était bordelais, un de plus, comme quoi cette ville fait les miracles ! Né en 1910, 60 ans avant moi, il a découvert les grands auteurs en allant écouter sa maman musicienne se produire dans les casinos de province…dont celui d’Arcachon.
Quelle vie que la sienne ! Secrétaire de Louis Jouvet, création avec Jean-Louis Barrault, et les pièces s’enchaînent, et les rencontres, les passions. Cela m’émeut de penser à son combat pour éviter la peine de mort à l’écrivain collaborateur Robert Brasillach, car même s’il a échoué, il s’est engagé pour sauver la vie d’un homme.
Il est intéressant de découvrir le discours que François Cheng a prononcé sur la vertu et Confucius sous la Coupole de la grande Académie ; je le cite : « Toute vie humaine est mue par des ressorts intimes ; elle comporte ses hauteurs et ses abîmes, ses aspirations et ses épreuves, ses révélations et ses transformations” très juste.
Beigbeder fait de la pub! Ça rapporte combien, Fred, de faire le mannequin ? je peux peut-être faire la prochaine! (rires)
Dernier livre d’Henri Troyat, décédé en mars 2007 à paraître fin février: une biographie de Boris Godounov. Je le lirai bien.
J’adore l’idée du bouquin “Lénine dada” de Dominique Noguez; j’aime le dadaïsme plus que personne; peut-être est-ce la raison pour laquelle je vois l’absurde et l’art en prison, n’est-il pas ?
Le papier toilette!
Ok il faut que je vous dise, j’avais imaginé qu’un jour, je penserai à vous parler du papier toilettes. En effet, ici, on vous donne chaque semaine deux rouleaux d’un papier que, bien sûr, les filles ne pourraient même pas utiliser, c’est vous dire…
Il y a par conséquent pour 2,60$ un papier que tu peux acheter, je devrais dire que tu désires acheter vu l’état du précédent. Je trouve ça hallucinant, cela paraît comme incroyable, surréaliste, mais loin de Breton, et encore moins Dalien.
A moins que je me fasse pousser des moustaches et que je crée un happening de papier toilettes et de peintures séchées pour la postérité (rires). Voilà un petit clin d’œil écrit en live du Texas. Autant dire que je vais me souvenir de ce voyage aux USA et que je reviendrai pour vivre le meilleur demain ensemble.
Ici, nous n’avons pas plus de trois étoiles, à cause de la pollution. Quand je leur parle de nos ciels étoilés, ils pensent que je mens. Dingue non ?
J’ai arrêté de fumer, j’ai eu envie. Et je m’en sors bien (rires)…avec deux paquets par jour. Mon conseil : arrêter du jour au lendemain, pas d’étapes, non, pas de chewing-gum ou de patchs, non rien.
Il y a un truc ici qui me rappelle le pensionnat, c’est le pain : tu le manges avec du beurre de cacahuètes, ce qui fait une boule dans le ventre mais c’est mieux que rien n’est-ce pas ? Ici c’est « peanuts butter » avec tout et tout le temps, vais-je en manger quand je serai rentré, je ne sais pas.
J’aimerai vous appeler, vous parler à tous, mais il est vrai que le blog me permet de vous contacter en groupe.
Merci à tous
Comme il est bon de vous savoir près de moi, réjouissez-vous, le jour est venu, celui où nous irons tous, pour le meilleur, nous réjouir dans le même sens.
Je vous embrasse fort en attendant vos commentaires
Votre Alé