Alé est sorti du coma et a été ramené dans sa cellule de Big Spring
J’ai eu le plaisir immense de l’entendre au téléphone : une voix qui se veut joyeuse et rassurante. Mais que contredit aussitôt le compte rendu du médecin, tel que me le rapporte Alé.
Le scanner réalisé à l’hôpital de Big Spring n’a pas permis de voir plus que des angiomes. Mais le médecin qui s’est occupé de lui, lui a confié que son état était grave, qu’il ne voyait pas quoi faire étant donné que l’hôpital de Big Spring n’était pas spécialisé dans ce type de maladie neurologique. Il lui a demandé si on lui avait parlé d’une 2ème opération possible.
Devant l’étonnement d’Alé, il a précisé que selon lui, Alé nécessitait des examens médicaux spécialisés et approfondis sur son état de santé actuel, et sans doute était à envisager une deuxième opération chirurgicale.
Non seulement l’hôpital de Big Spring n’est pas spécialisé pour ce type d’intervention, a-t-il poursuivi, mais il est fortement recommandé de se faire opérer par le même chirurgien que celui qui est intervenu la première fois. Car lui seul connaît les zones déjà opérées, et peut éviter les risques causés par ce type d’intervention.
Il lui a donc recommandé (comme dirait Alé : rires !!!) de rentrer au plus vite en France pour être opéré par ce chirurgien. Il est à noter que la nécessité d’être opéré par le même chirurgien est une information importante qu’Alé ignorait, n’ayant jamais évoqué la possibilité d’une autre trépanation.
A la question d’Alé sur la possibilité d’autres comas, le médecin lui a confirmé : « seule une opération peut vous aider, en attendant, un coma peut de nouveau se déclencher dans un jour, une semaine, un mois… »
Et à chaque fois, affaiblir son état général.
A ces mots je réagis : comment ça affaiblir ?
D’une voix tendre et douce, Alé me glisse : « tu sais ma Béa, j’ai vécu la même chose qu’il y a deux ans aux Pays Bas avant mon opération : se sentir glisser dans le vide, puis plus rien et quand on revient, la douleur, si intense dans la tête et tout le reste… »
Silence
Puis j’ose : « Alé que ressens-tu en plus cette fois ? »
« Les migraines, déjà continues, sont en plus suraigües, j’ai une pression énorme dans le thorax qui m’empêche de respirer normalement, une barre dans l’estomac, et une douleur musculaire dans la jambe gauche que j’avais avant dans la jambe droite comme si le nerf était à vif. »
En plus…en plus des vertiges, des nausées, de la difficulté à faire exécuter les ordres à sa main droite, de la vue qui baisse…
Et lorsqu’Alé d’une voix calme avoue ne rien avoir reçu de plus pour soulager la douleur, je ferme les yeux devant l’inconcevable. Non! Comment est-ce possible ?
Paradoxe de ce médecin qui l’a pourtant félicité pour son courage alors qu’il devine ce qu’il peut souffrir. Mais qui ne donne rien pour soulager. Les policiers de la prison qui l’accompagnaient ont été interpelés par cette réflexion du médecin et se sont mis à regarder Alé avec plus de respect. Mais cela ne diminue pas la douleur.
Où trouve-t-il la force ? Et pour combien de temps encore ?
“Tu vois, je préfère que tu me donnes des nouvelles de tous”
Toujours cette attention aux autres, ce désir d’aller vers la vie. Quelle force !
Alors je témoigne de tous ceux qui se sont manifestés dimanche, au travers du blog, de Facebook, du téléphone, des mails. Tous ceux qui ont allumés une bougie, tous ceux qui ont décidé de donner de leur temps pour remuer ciel et terre aux USA comme en France, tous ceux qui ont décidé d’ouvrir le porte monnaie afin qu’il obtienne enfin un avocat américain qui nous aide à le faire revenir.
Je lui raconte la nuit blanche d’Edith et de Val, la journée de dimanche si intense en manifestations de toutes sortes que je n’ai pas décollé de ma chaise entre midi et minuit, l’amour qui circule et l’enveloppe. Et il rit!
Et répète sous le coup de l’émotion immense : « c’est super,oh ! c’est énorme ! oh merci !!!!»
Puis je lui raconte aussi l’intervention du Vice-Consul de Houston qui n’a pas hésité à revenir à son bureau un dimanche et à se battre pour Alé. Il semble qu’il ait réalisé l’urgence de rapatrier Alé. Il a d’ailleurs joint Alé en direct pour l’assurer de son soutien pour tout mettre en œuvre. Nous attendons la suite bien sûr. Mais serait-ce le bout du tunnel? D’un mal sortirait-il un bien? En tous cas, cela redonne des forces à Alé qui m’affirme d’une voix forte: “bientôt, nous nous serrerons dans les bras, bientôt je vous reverrai tous, et on ira au bord de la mer, tu verras; embrasse-les pour moi, béa, embrasse-les tous”
Très chers amis, citer vos noms serait trop long, mais Alé vous remercie du fond du cœur de tout faire pour le ramener le plus vite possible. Car le temps est compté.
L’ETAT D’URGENCE EST DECLARE