Alé de Basseville

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Dimanche, août 30, 2009

Hurricane Carter

Avez vous vu le film qui raconte l’histoire du boxeur Hurricane Carter? Il porte le nom de cet homme et est interprété par le merveilleux Denzel Washington.
C’est l’histoire d’un homme accusé à tort de meurtre, et qui va passer 30 ans de sa vie derrière les barreaux alors qu’innocent. C’est l’histoire de la transformation d’un homme qui se fortifie de ce qui devrait le détruire. C’est l’histoire de ceux qui vont graviter autour, le sauvant par leur propre humanité. C’est l’histoire d’un jeune garçon que l’histoire de cet homme va bouleverser au point de vouloir lui venir en aide. L’incroyable puissance de l’humain quand l’amour le guide.
Vous ne l’avez pas vu? Alors vous devriez. Et écrire ensuite vos commentaires sur ce blog.
Car cette histoire en rappelle une autre.

A un moment dans ce film, un des avocats dit quelque chose de très vrai: la plupart des gens qui proposent leur aide pour sortir Hurricane de prison, ne durent pas. Car c’est difficile de durer quand tout est lent. La lassitude remplace l’enthousiasme du début.
Durer…
C’est comme dans une barque: il y a celui qui doit durer dans l’attente, enfermé entre quatre murs; il y a celui ou celle qui doit durer dans l’action même quand les résultats ne sont pas ceux espérés; chacun tient une rame; s’il y en a un qui lâche, la frêle esquisse tourne en rond.

Mais c’est vrai, il est difficile de durer.
Cependant, comme il est montré dans ce film, il suffit qu’une personne, qu’une poignée d’irréductibles, demeurent fidèles, tiennent à travers les années, pour que la barque avance et parvienne à bon port.

Alors merci à ceux et celles qui sont restés fidèles sur ce blog, qui sont restés fidèles pour écrire à Alé, merci pour ceux qui le soutiennent financièrement, même s’ils sont très peu, ceux qui l’ont fait peuvent être remerciés, merci à toutes ces personnes qui ne le connaissent pas et pourtant ont rejoint le cercle des amis d’Alé, en lisant son histoire.

Car je peux vous le dire: l’histoire finira comme dans le film. L’amour est le plus fort. C’est une question de temps. C’est aussi une question de regard sur ce qui nous arrive dans la vie.
Et notre regard à nous est confiant.

Belle rentrée à chacun!

posted by Béatrice d L at 23:47  

Vendredi, août 14, 2009

SAMEDI 15 AOUT 2009

Bonne fête à toutes les Marie, et donc bonne fête à Alé, qui comme chaque membre de notre famille porte le prénom de Marie dans ses prénoms.
Encore merci pour tous vos messages fidèlement transmis à Alé: il en est très touché, souvent éclate de rire à la lecture tant ça le rend heureux, s’exclame par un « génial! »; il dit encore et encore merci à tous ceux qui lui écrivent à Big Spring, même s’il arrive que les lettres vous soient retournées, persévérez, il finit par les obtenir.
Vous pouvez y joindre des extraits de journaux, il est si avide de se tenir au courant!

Alé va bien malgré des grosses douleurs dans son bras droit qui limitent sa capacité à écrire au delà d’un certain temps. Il souffre bien sûr de la chaleur, étouffante en cette période au Texas, du surnombre, de l’absence d’hygiène, il mange surtout du pain pour tenir… Mais lui ne s’en plaint pas, il est devenu un calme philosophe, heureux. Oui, c’est le plus frappant, sa joie! elle transperce dans sa voix lors de ses appels, même lorsqu’il est fatigué comme en ce moment.
Pourtant si j’énumère régulièrement ses conditions de vie, c’est pour ne pas oublier qu’Alé vit cette joie au milieu d’un enfer!
A ceux qui pourraient encore douter de la force intérieure d’Alé, de sa transformation, de son intégrité, je vous invite à vous imaginer deux minutes enfermés en prison! Pendant deux minutes, fermez les yeux et imaginez! Pas de visite de proche car vous êtes à l’autre bout du monde! votre langue maternelle n’étant pas parlée, vous devez sans cesse vous adapter à une langue étrangère, pas d’amis qui puissent s’entretenir avec vous, pas de silence, pas de possibilité de voir un paysage dans son entier… et pour nous c’est deux minutes!

Or sa joie est sincère, car c’est un homme libre; de la seule liberté que chaque personne est appelée à découvrir au cours de sa vie; cette liberté qui donne la vie au coeur du chaos.
Comment fait il? est la question qui revient régulièrement sur les lèvres. Comment a t il transformé une impasse en chemin?
Il a fait quelque chose de magnifique: il a compris qu’à chaque instant, nous avons la liberté de choisir ce qui est ou de le refuser; Il a choisi sa vie telle qu’elle est au lieu de la subir.

La vie ne se justifie pas. le poète, le philosophe, le sage ou toute personne qui traverse une épreuve dans sa vie ne se justifie plus, ne donne pas d’explications… car la vie elle-même n’en donne pas !
Plutôt que réfléchir au sens de la vie, Alé a osé la vivre. Et le sens s’est révélé dans l’intensité avec laquelle il vit cette vie là !
Il est chaque jour approché par des prisonniers d’origine mexicaine qui ne parviennent pas à écrire une lettre à leur famille et il est leur plume… en espagnol! d’autres viennent lui demander des conseils pour garder espoir! Non parce qu’Alé est un saint! Il est juste un homme. Mais parce qu’il est lumineux. Et la lumière attire.

Il arrive que le Moi s’ouvre à plus grand que soi; et dans ce cas là, nous devenons meilleurs que nous-mêmes! C’est ce que vit Alé dans sa foi, une foi ouverte à l’Universalité de l’Amour. Il le dit au travers de tous les messages qu’il a écrit pour le blog depuis sa création. Et il est compris dans son message d’ouverture quand on voit la diversité des croyances ou non croyances de ceux qui lui écrivent.
Alé est passé de la souffrance subie à la souffrance non pas cherchée, recherchée, mais acceptée et transformée par la puissance de l’amour.

Je pense aux écrits de Jean-Yves Leloup,chrétien, de Marc-Alain Ouaknin, rabbin, de Mathieu Ricard, bouddhiste, d’Annick de Souzenelles, chrétienne, de Faouzi Skali, soufie, ou Lama Denys Teundroup bouddhiste; mais aussi à ceux d’écrivains merveilleux tels qu’Eric-Emmanuel Schmitt, tous véhiculent le même message:
Nous passons toute notre vie à nous protéger de la Vie. Nous avons peur d’aimer parce qu’aimer fait souffrir, nous avons peur de nous perdre! mais perdre quoi? Notre ego, notre moi, l’image qu’on a de soi… nous n’avons que des illusions à perdre, nous ne pouvons pas perdre la vie, l’essentiel.
« Malheur à l’homme qui se fie dans l’homme » dit un verset de la bible. Il n’est pas demandé d’avoir confiance en l’homme. mais confiance en la Vie qui est en lui: d’avoir confiance dans ce qu’il a de meilleur que lui-même.

Ce sont les vacances! un temps de repos pour beaucoup; un temps de réflexion aussi, de retrouvailles parfois.
C’est le moment qui m’a paru opportun pour dire tout ce que j’apprends d’Alé; la confiance en la Vie qui est en tout Homme, pour lui rendre cet hommage.
Merci Alé de nous dire à tous qu’on peut être heureux dans notre vie telle qu’elle est.
ta soeur de coeur, Béatrice

posted by Béatrice d L at 10:59  

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